Notre laine : locale et écologique

La laine est une des fibres textiles les plus écologiques, surtout si elle est locale, qu’elle n’a pas fait le tour du monde avant d’arriver dans nos vêtements. Elle l’est quand elle n’a pas été traitée chimiquement pour passer en machine et être plus douce au toucher et lorsque chaque étape de sa transformation est gérée mécaniquement, sans additif chimique nuisible.

L’élevage est source de bienfaits quand il est mené en cohérence avec un territoire et en bienveillance avec les bêtes. Le pastoralisme et non l’intensif, des troupeaux de petites tailles qui côtoient d’autres types d’élevages, une agriculture paysanne et plurielle, tout ceci permet une relation saine avec le vivant aux antipodes des élevages de masse qui sont sources de destruction environnementale, animale et humaine.

Nous revendiquons une matière noble, reliée à un territoire et à des savoir-faire respectueux du vivant, essentielle car renouvelable, essentielle pour ses qualités (isolation, respiration, régulation de l’humidité, non allergène…), pour sa longévité (nos articles sont véritablement durables) et pour sa capacité à être recyclée et compostée.

Loin des labels institutionnels élaborés pour des industries et des groupes internationaux en mal de responsabilités écologiques, qui se gargarisent de mots et de chiffres visant à nous faire oublier que l’industrie textile est une des plus nocives et des plus discriminantes de la planète, nous continuons notre chemin singulier depuis maintenant 40 ans.

Notre travail : savoir-faire et coopération

Il faut de la patience et du temps pour acquérir, conserver et enrichir les savoir-faire autour du travail de la laine. La plupart de nos métiers manuels ne s’apprennent plus que de personne à personne : savoir trier la laine, faire fonctionner et utiliser des machines centenaires pour carder et filer, bâtir un matelas, avoir la technicité pour faire tourner des machines à tricoter, etc. Notre entreprise est de fait labellisée « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

Nous sommes ainsi en résistance dans une société de plus en plus « dématérialisée », qui a délocalisé une grande partie de ses industries dans des pays lointains où la protection des personnes et de l’environnement est quasi inexistante.

À contre-courant encore, nous nous organisons ensemble pour faire vivre notre entreprise, sous un statut qui nous est cher : la SCOP*. Les décisions importantes pour l’avenir de notre coopérative sont ainsi prises en Assemblée Générale, par tous les salarié.e.s associé.e.s, de façon démocratique à raison d’1 personne = 1 voix, quel que soit le capital détenu. Toutes les personnes en responsabilités (coordinateurs et coordinatrices d’équipe, équipe de direction, administrateurs et administratrices) sont aussi au coeur du travail quotidien de la coopérative. La polyvalence est une des bases de notre fonctionnement, elle permet le lien, la diversité, l’apprentissage, l’entraide.

À la différence de la plupart des entreprises, nous valorisons de la même façon différents métiers et compétences, car nous estimons que chaque fonction a besoin des autres pour être valide, pérenne et avoir un sens. Commercialisation, production, communication, animation, gestion, maintenance… L’aventure Ardelaine a besoin de chacun.e d’entre nous, de ce que chacun.e exerce, fabrique, anime, conçoit, décide, organise. C’est ainsi que nous avançons chaque jour, depuis 40 ans, en équipe.

Ce qu’il y a dans un prix Ardelaine

Lorsque nous achetons un vêtement produit en masse, à l’autre bout du monde et dans des conditions trop souvent indécentes pour les travailleurs.ses et pour l’environnement, le prix que nous payons valide un système qui pèse lourdement sur notre planète. Dans le prix d’un de nos vêtements pure laine voici ce que l’on peut trouver, comparativement à un vêtement de l’industrie classique.

*Source : Fair Wear Foundation.

**Nos salaires reposent sur la bas du SMIC, avec une échelle de salaire de 1,2 en fonction des responsabilités.

***Ils recouvrent les temps de création, l’électricité, l’amortissement des machines, etc.

****Chez Ardelaine, cette marge sert à couvrir toutes les autres charges fixes : frais de commercialisation, loyers, assurances, honoraires, fournitures administratives, etc. Le bénéfice est en moyenne de 3 €.

Notre économie : équitable et sociale

Tout au long de notre filière laine, nous veillons à répartir équitablement les richesses produites. Ainsi, nous valorisons la laine au mieux auprès des éleveurs.ses en leur proposant des tarifs d’achats stables et en leur garantissant d’acheter toutes leurs laines. Contrairement à ce qui se passe par ailleurs, où souvent la laine leur est à peine payée, notre choix de rémunération ne tient pas compte de la fluctuation du prix du marché mondial de la laine, mais se base plutôt sur la reconnaissance de leur engagement dans la durée à nos côtés pour vous offrir une laine saine et de qualité.

Lors des étapes qui suivent la tonte, nous veillons à ce que nos différents partenaires créent et maintiennent des emplois localement. Nos choix de salaires et d’organisation, privilégiant le travail manuel plutôt que la mécanisation, nous permettent de partager les richesses produites entre un maximum de personnes.

Pour le coton bio qui est cultivé, filé puis tissé loin de chez nous, en Egypte, nous veillons à ce que ce soit fait dans les meilleures conditions de travail et de rétribution.

À l’arrivée, nous établissons nos prix de façon à ce que chaque étape de travail soit rémunérée de façon la plus juste et en fonction de l’aspect qualitatif et durable de nos fabrications. Leur durée de vie permet ainsi une véritable économie et un vrai geste écologique.

Lorsqu’en fin d’année nous avons la chance d’avoir un résultat positif, celui-ci est toujours partagé de la façon suivante : une part (45%) est mise en réserves impartageables, assurant la pérennité de notre coopérative. Ces réserves, comme leur nom l’indique, ne peuvent pas être partagées entre individus. Si Ardelaine devait s’arrêter, elles serviraient à payer les dettes éventuelles et reviendraient ensuite entièrement aux collectivités locales. L’enrichissement personnel n’est de fait pas possible dans notre entreprise. Une même part du résultat (45%) est distribuée à l’ensemble des salarié.e.s de la Scop, permettant une valorisation importante de la part travail. Enfin, les 10% restants du résultat sont distribués aux associé.e.s de la coopérative, extérieur.e.s ou salarié.e.s.

À la différence de ce qui se passe en général autour de nous, où l’argent sert à rémunérer l’argent au mépris de l’effort travail, où une majorité de produits manufacturés sont souvent inutiles, périssables et dégradants pour l’environnement, nous souhaitons que l’économie ne soit plus un but, mais redevienne un moyen d’émancipation, de formation et d’épanouissement personnel et collectif.

Cette orientation est aussi visible à travers l’agrément ESUS*, qui reconnait que notre objectif principal est de poursuivre une utilité sociale, autour du développement durable, de la transition énergétique et de la promotion culturelle.

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